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Source: France Info

France: Fear of deportation is keeping people living with HIV away from healthcare in Mayotte

8 October 2026
Source: France Info
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Access to health/treatment
Deportation

Whilst the number of HIV cases in Mayotte has been rising in recent years, several doctors have highlighted barriers to testing and access to care. Among these is the fear of deportation for undocumented migrants.

The HIV epidemic is spreading rapidly in Mayotte, but screening and access to care are being hampered by the fear of police checks amongst undocumented migrants, warn doctors and charities. According to the Epimay 2025 study by the Regional Health Agency (ARS),five in every 1,000 adults are living with the virus, compared with one in 1,000 in 2019.
Our territory has the “highest positivity rate of all French departments”, as highlighted by Santé publique France in a report published in 2025. Dr Mohamadou Niang, head of the infectious diseases department at the Mayotte Hospital Centre (CHM) in Mamoudzou, has observed this acceleration. Until 2021, he recorded “between 20 and 30” new positive cases per year. “In 2025, the figure stood at 139,” he warns, with around a hundred new cases already recorded by the end of August 2026.

The infectious diseases specialist identifies numerous obstacles to screening, explaining that 20 per cent of patients only discover their condition at a very late stage. In addition to the cost of transport in a department where 77 per cent of the population lives below the poverty line, fear of the police deters those who are ill. Nearly 48 per cent of residents are foreign nationals, according to the 2017 INSEE census.

Workarounds

Dr Alain Prual, head of the Free Centre for Information, Screening and Diagnosis (CeGIDD) in Mamoudzou, shares this view. “The main obstacle is the PAF”, the border police, he asserts, referring to screening checks on the outskirts of the hospital. Dr Abdon Goudjo, Director of Maternal and Child Protection (PMI), observes for his part that his patients devise “strategies” to “get round the police” and manage to see a doctor.

In June 2024, the Defender of Rights confirmed the existence of “police checks in the vicinity of the Mayotte hospital, which are likely to hinder access to healthcare for undocumented migrants”. This group is the most affected. In 2024, 65 per cent of new HIV diagnoses in Mayotte were among nationals of Madagascar and the Comoros, and 22 per cent from sub-Saharan Africa, in a “regional context marked by a resurgence” of cases.

Withholding of care

To overcome these obstacles, testing is being decentralised. The CeGIDD has opened branches in Longoni, Iloni and Petite-Terre. Mobile units are also travelling across the island. In Dembéni, Israël Mundi, the health mediator for the Nariké M’sada association, offers rapid tests from a van, with results available “in a matter of minutes”. This mobile approach allows them “to get as close as possible to the population”, emphasises his colleague, prevention officer Ahmed Hassani.

If the test is positive, patients are referred to the CHM. In Dr Niang’s department, “more than half” of the 600 patients being treated are undocumented migrants. Without health insurance, until recently they had to visit the hospital every month to collect their antiretroviral treatments. Frightened, some patients turn back. Others are “often” stopped near the hospital and then placed in an administrative detention centre pending their deportation, laments the infectious diseases specialist, as residence permits for medical treatment remain “difficult” to obtain.

The virus is more detectable in the blood in Mayotte than in mainland France

These interruptions in treatment explain why the virus is undetectable in the blood in only 80 per cent of patients being treated in Mayotte, compared with over 95 per cent in mainland France. When taken without interruption, antiretrovirals prevent the virus from multiplying to the point where it becomes undetectable: the person can then no longer transmit it sexually. To limit risky travel, the doctor explained to AFP that treatments are now being dispensed for three months at a time.

Furthermore, an operational committee set up in April 2026 by the prefecture and the Regional Health Agency (ARS) plans to secure testing centres with the help of the police. When contacted by AFP, these institutions did not respond. In this context, prevention is paramount. During a campaign on the north-east coast in Bandraboua at the end of September, Raissa Ali Baco, a sexual health officer at the Red Cross, distributed free condoms. She points out that this is the “only means of protection against all STIs”, sexually transmitted infections.


"Le principal obstacle, c'est la PAF", la peur des expulsions éloigne les malades du VIH des soins à Mayotte

Alors que le nombre de cas de VIH à Mayotte se multiplient ces dernières années, plusieurs médecins pointent des freins au dépistage et à l'accès aux soins. Parmi eux, la peur des expulsions pour les étrangers en situation irrégulière.

L'épidémie de VIH progresse fortement à Mayotte, mais le dépistage et l'accès aux soins se heurtent à la peur des contrôles de police chez les étrangers en situation irrégulière, alertent médecins et associations. Selon l'étude Epimay 2025 de l'Agence régionale de santé (ARS), cinq adultes sur 1.000 vivent avec le virus, contre un sur 1.000 en 2019.
Notre territoire affiche le "taux de positivité le plus élevé parmi l'ensemble des départements français", soulignait Santé publique France dans un bilan publié en 2025. Chef du service des maladies infectieuses au Centre hospitalier de Mayotte (CHM) à Mamoudzou, le docteur Mohamadou Niang constate cette accélération. Jusqu'en 2021, il recensait "entre 20 et 30" nouveaux cas positifs par an. "En 2025, on est à 139", s'alarme-t-il, avec déjà une centaine de nouveaux cas à la fin du mois d'août 2026.

L'infectiologue identifie de nombreux obstacles au dépistage, expliquant que 20% des patients découvrent leur maladie à un stade très tardif. Outre le coût des transports dans un département où 77% de la population vit sous le seuil de pauvreté, la peur des forces de l'ordre dissuade les malades. Près de 48% des habitants sont étrangers, selon le recensement de l'Insee en 2017.

Des stratégies de contournement

Responsable du Centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) de Mamoudzou, le docteur Alain Prual partage ce constat. "Le principal obstacle, c'est la PAF", la police aux frontières, assure-t-il, mentionnant des contrôles filtrants aux abords de l'hôpital. Directeur de la Protection maternelle et infantile (PMI), le docteur Abdon Goudjo observe de son côté que ses patientes élaborent des "stratégies" pour "contourner les forces de police" et parvenir à consulter un médecin.

En juin 2024, le Défenseur des droits a attesté l'existence de "contrôles de police aux abords du centre hospitalier de Mayotte, susceptibles d'entraver l'accès aux soins des étrangers en situation irrégulière". Cette population est la plus touchée. En 2024, 65% des nouveaux diagnostics de VIH à Mayotte concernaient des ressortissants de Madagascar et des Comores, et 22% d'Afrique subsaharienne, dans un "contexte régional marqué par une recrudescence" des cas.

Renoncement aux soins

Pour contourner ces freins, le dépistage se décentralise. Le CeGIDD a ouvert des antennes à Longoni, Iloni et en Petite-Terre. Des unités mobiles sillonnent également l'île. À Dembéni, le médiateur en santé de l'association Nariké M'sada, Israël Mundi, propose dans un camion des tests rapides offrant un résultat "en quelques minutes". Cette itinérance permet "d'aller au plus proche de la population", souligne son collègue agent de prévention Ahmed Hassani.

Si le test est positif, les patients sont orientés vers le CHM. Dans le service du docteur Niang, "plus de la moitié" des 600 patients suivis sont des étrangers sans-papiers. Sans couverture sociale, ils devaient jusqu'à récemment se rendre mensuellement à l'hôpital pour récupérer leurs traitements antirétroviraux. Effrayés, des patients font demi-tour. D'autres sont "souvent" interpellés près de l'hôpital, puis placés en centre de rétention administrative en vue de leur expulsion, déplore l'infectiologue, les titres de séjour pour soins restant "difficiles" à obtenir.

Un virus plus détectable dans le sang à Mayotte que dans l'Hexagone

Ces interruptions de traitement expliquent que le virus ne soit indétectable dans le sang que chez 80% des patients suivis à Mayotte, contre plus de 95% dans l'Hexagone. Pris sans interruption, les antirétroviraux empêchent le virus de se multiplier jusqu'à le rendre indétectable : la personne ne le transmet alors plus par voie sexuelle. Pour limiter les déplacements risqués, le médecin explique à l'AFP délivrer désormais les traitements pour trois mois.

Par ailleurs, un comité opérationnel créé en avril 2026 par la préfecture et l'ARS prévoit de sanctuariser les lieux de dépistage avec les forces de l'ordre. Contactées par l'AFP, ces institutions n'ont pas répondu. Dans ce contexte, la prévention prime. Lors d'une action sur la côte nord-est à Bandraboua fin septembre, Raissa Ali Baco, chargée en santé sexuelle à la Croix-Rouge, a distribué des préservatifs gratuits. Il s'agit du "seul moyen qui protège contre toutes les IST", les infections sexuellement transmissibles, rappelle-t-elle.