Senegal: Violence, arrests and stigma lead to surge in Asylum requests from LGBT community

The Paris-based association STOP Homophobia has sounded the alarm, announcing that it has received 18 requests for help to leave Senegal in the space of just a few days. Faced with what they describe as a ‘dramatic’ climate, more and more members of Senegal's LGBT+ community are considering exile, mainly to neighbouring Gambia, to escape violence, threats and expulsion from their families. Terrence Khatchadourian, the association's secretary general, stresses that everyone now fears arrest and serious violations of their privacy.
This desperate flight is a direct consequence of an unprecedented intensification of repression against homosexuality in Senegal. The country has been rocked by a series of arrests – at least 30 according to local media – triggered by denunciations and systematic phone searches. The names of those arrested are being made public, leading to what human rights defenders describe as a veritable ‘public lynching’.
Tougher legislation and health-related stigmatisation
The government recently passed a bill to double the penalties for homosexual relations from five to ten years' imprisonment. The bill also provides for three to seven years in prison for anyone who ‘promotes’ homosexuality. This tough legislation responds to pressing demands from influential religious associations in a predominantly Muslim country where homosexuality is widely perceived as deviant.
The debate is all the more heated as some of those arrested are accused of deliberately transmitting HIV. According to STOP Homophobia, the use of HIV status as evidence against defendants creates a major public health crisis by discouraging testing and access to care.
Concerns from NGOs and local silence
While social media is awash with videos of attacks and inflammatory comments, dissenting voices are rare in Senegal. Denis Ndour, president of the Senegalese League for Human Rights, has himself supported tougher penalties, describing homosexuals as ‘sick’. Conversely, experts such as Marame Kane point out that protection against humiliation is a ‘universal principle’, regardless of cultural context.
Since 2021, Senegal is no longer considered a safe country by the OFPRA in France. For those who cannot afford to flee, the testimony of Boubacar*, an exile, is chilling: ‘The only thing they can do is watch death coming and wait.’
Sénégal : face à la « traque », l’association STOP Homophobie enregistre une vague de demandes d’asile
L’association STOP Homophobie, basée à Paris, a tiré la sonnette d’alarme en annonçant avoir reçu 18 demandes d’aide pour quitter le Sénégal en l’espace de seulement quelques jours. Face à un climat qu’ils jugent « dramatique », de plus en plus de membres de la communauté LGBT+ sénégalaise envisagent l’exil, principalement vers la Gambie voisine, pour échapper aux violences, aux menaces et aux expulsions familiales. Terrence Khatchadourian, secrétaire général de l’association, souligne que tous craignent désormais l’arrestation et les atteintes graves à leur vie privée.
Cette fuite désespérée est la conséquence directe d’une intensification sans précédent de la répression envers l’homosexualité au Sénégal. Le pays est secoué par des arrestations en série — au moins une trentaine selon les médias locaux — déclenchées par des dénonciations et des fouilles systématiques de téléphones. Les noms des personnes interpellées sont divulgués publiquement, provoquant ce que des défenseurs des droits humains qualifient de véritable « lynchage public ».
Un arsenal législatif durci et une stigmatisation sanitaire
Le gouvernement a récemment adopté un projet de loi visant à doubler les peines pour les relations homosexuelles, qui passeraient de cinq à dix ans d’emprisonnement. Le texte prévoit également trois à sept ans de prison pour toute personne faisant « l’apologie » de l’homosexualité. Cette fermeté législative répond aux demandes pressantes d’associations religieuses influentes dans un pays majoritairement musulman où l’homosexualité est largement perçue comme une déviance.
Le débat est d’autant plus virulent que certaines personnes arrêtées sont accusées de transmission volontaire du VIH. Selon STOP Homophobie, l’utilisation du statut sérologique comme preuve à charge crée une crise de santé publique majeure en décourageant le dépistage et l’accès aux soins.
Inquiétudes des ONG et silence local
Alors que les réseaux sociaux pullulent de vidéos d’agressions et de commentaires incendiaires, les voix discordantes se font rares au Sénégal. Denis Ndour, président de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme, a lui-même soutenu le durcissement des peines, qualifiant les homosexuels de « malades ». À l’inverse, des expertes comme Marame Kane rappellent que la protection contre l’humiliation est un « principe universel », indépendamment du contexte culturel.
Depuis 2021, le Sénégal n’est plus considéré comme un pays sûr par l’Ofpra en France. Pour ceux qui n’ont pas les moyens de fuir, le témoignage de Boubacar*, un exilé, est glaçant : « la seule chose qu’ils peuvent faire, c’est de voir la mort qui vient et attendre ».